dimanche 12 décembre 2010

Premier départ – Nouveau regard……

On peut dire que le virus de la course a pied à un taux et une vitesse de contagion impressionnante !
Ce fût ma réaction lorsque Nadget m’annonça lundi dernier qu’elle souhaitait participer à la corrida d’Issy les Moulinaux !
Notre jeune coureuse a commencé la course à pied il y à peine un mois et je suis ravie de cette décision.
Je lui conseil juste de s’inscrire au 6 km (le souvenir de la montée que le parcours des 10km offre par deux fois me paraît encore un peu prématuré )….
Nous voici parties pour l’aventure : inscription de dernière minute, quelques calages par téléphone au cours de la semaine puis vendredi retrait des dossards ….. Je retrouve cette petite excitation qui commence à s’installer, avec l’inquiétude supplémentaire d’être à la hauteur de cette première … guider ma Nadget au milieu des tous ces coureurs !
Petite Halte avant de partir au stand brook pour un achat compulsif d’une nouvelle tenue de running ….. et hop ! Direction la 4ème Pasta Party organisée par les runneurs(e)
Bloggeurs(e) … Je découvre un petit groupe adorable qui me conforte dans l’idée que la CAP est un sport de partage et de générosité…
Samedi soir, le stress monte, je prépare mon sac, nos dossards, j’ajoute le prénom de Nadget sur son dossard pour que les gens puissent l’encourager …
Puis enfin, après une nuit agitée digne de la nuit précédant mon premier marathon, enfin le réveil sonne (je ne lui laisse pas le temps d’ailleurs !) et là bipbip ….
Je suis surexcitée par cette aventure, un demi thé et je n’avale rien d’autre … c’est parti direction : NADGET !
Une demi-heure plus tard, a la recherche d’une place handicapé, je me rend compte qu’il n’y en a pas tant que cela et que les infrastructures, bien qu’existantes, peuvent toujours être améliorées …. Bon mais Nadget s’apprête à prendre le départ pour un 6 km, donc on peux marcher quelques mètres ….
Enfin nous arrivons sur la ligne, de départ (juste devant) …. Départ deux minutes avant pour nous …. Ca y es nous y sommes, nous prenons le départ toutes les deux ! Les personnes nous encouragent autour de nous, j’essaye de lui dire ce que je vois (notamment un troupeau de caribou nous encourageant !) tout en étant vigilante à la route et notre environnement.
Mais l’avantage de courir dans ce type de course, c’est que le terrain est beaucoup moins dangereux que la forêt !
Au milieu des têtes, une familière nous filme …. C’est mon copain David (runmygeek , bloggeur au pied palmé ) ! Je suis très touchée de son geste et grâce à lui ma Nadget aura son premier départ immortalisé.


Sa famille ne sais pas qu’elle court …. Ils auront grâce à David une très jolie surprise !
Pendant ce temps, Nadget va bon train, a un rythme un peu rapide, mais qui ne s’est pas senti poussé des ailes lors de son premier départ ?
Avant le premier kilomètre, nous entendons les motards qui vont ouvrir la course, un des policiers me demande de monter sur le trottoir. A ma question « pourquoi » il me répond « la course arrive » …. Mais nous faisons partie de la course, nous sommes le départ handisport ! Le policier s’excuse tout penaud !

Je crois que c’est la première année que cette course accueil des binômes non-voyant /Guide !

L’asthme de Nadget commence a se faire remarquer, quelques bouffée de ventoline plus tard elle repars…
Elle me dis qu’elle a du mal a respirer, alors nous ferons plusieurs micropauses afin qu’elle reprenne son souffle.
Je suis partagée entre le soucis de sa santé et la booster : je l’écoute respirer, je n’entend pas d’essoufflement et pas de souffle typique de l’asthme ….
Alors je me met en « guide » automatique et passe en phase de coaching ! Et oui ma belle Nadget, on est tous égaux face à la course au pied …. On est obligé de passer par une phase de douleur, apprendre à la reconnaître et tant qu’elle n’est pas une douleur d’alerte … la dépasser !

Mon coach m’a toujours dis « la douleur est normale, c’est la souffrance qui est en option » … Alors go go go ! Je sais que cela fait peur d’avoir mal et on se demande si l’on va terminer.
Et à cet instant, j’aimerai avoir un cerveau blue tooth pour lui transmettre mon expérience, qu’elle se rassure car elle va terminer !
Les kilomètres défilent, elle souffre mais repars, vite trop vite d’ailleurs, mais cela montre sa détermination !
Puis enfin, un passant nous dit « allez plus que 200 mètres » !

Nadget nous y sommes … tu as réussit ! Tu as bouclé ton premier 6KM comme une reine en 47 mn et 26 secondes; classement 776 !

Et tes premiers mots au monsieur qui te félicite en te passant ta médaille bien méritée autour du cou seront « surtout que je suis asthmatique ! » .
Mais le monde du running, lui, vient d’assister à la naissance d’une nouvelle championne !

BRAVO Nadget et merci de m’avoir permis de partager ce moment magique à tes cotés !

Damned ...ou l'utilité du chihuahua !!!

J'avais bien écrit quelques lignes pour partager les sensations de notre première course avec Nadget, afin de les publier avant le diner d'anniversaire de mamance soir et la semaine de dingue qui m'attend !

C'était sans compter sur mon chihuahua , un petit génie de l'informatique , qui a réussit a fermer ma page avec ses minis pattes !!!

Je dois donc attendre le prochain de moment de répit pour pouvoir envisager un nouveau post.

En tout cas j'ai passé un moment magique, que mon copain bloggeur runmygeek a immortalisé ...

Les détails de ce moment incroyable pour moi des que je peux ....

Et merci El Chihuahua

Corrida des pères noel 2010 : Virginie et Nadget

dimanche 5 décembre 2010

Premiers pas ……

Premier blog pour les décrire !

Comment cela premiers pas ? Je redécouvre la course à pied, et l’occasion pour moi de vous décrire ses sensations, de partager l’émotion de courir en duo !

J’ai commencé la course il a 5 ans maintenant afin de remplacer ma forte addiction a la cigarette par une addiction plus saine : la course à pied !
Je ne fait pas partie des grandes coureuses, bien au contraire, mes genoux complètement désaxés me donnent une allure de Forest Gump sans équipement : cette dégaine faisait peur à mes parents quand j’étais petite et fait certainement rire les gens qui me suivent mais elle ne m’a pas empêché de suivre consciencieusement des plans d’entrainements, de me lever à 6H30 pour fractionner.

Après 4 participations aux 20 km de Paris et mon premier marathon en 4H40 (c’est vrai que j’ai pris mon temps) : un constat s’imposait à moi :
courir c’est bien, courir à deux c’est mieux !

Donc l’idée de sortir de mon statut de coureuse sauvage faisait son cheminement, je découvre la solidarité lors de mon premier semi-marathon de la champenoise, lorsqu’au 7km, mon cerveau m’abandonne et commence a douter de tout, du choix de cette course (un dénivelle non préparé), de mon équipement (oubli de la casquette sous un soleil de plomb !)et surtout de terminer cette épreuve tandis que je n’en suis qu’au premier tiers et que la plus dure montée m’attend au 18ème kilomètre .

Et là, un dalmatien me viens en aide…. Cet homme affuté , qui aurai pu certainement courir cette épreuve en moins d’une heure trente restera tout le reste de la course, et me donnera des conseils et une motivation que je n’oublierai jamais !
« il faut toujours écouter les dalmatiens ! »

Il m’a fallu deux ans avant de retomber sur un coureur aussi patient, capable de me donner autant de conseil : j’ai eu la chance de travailler dans une société ou le sport était à l’honneur, et les bureaux équipés de douches.

J’ai donc bénéficié d’un coach personnel une fois par semaine, qui m’a permis de m’inscrire à mon premier marathon de Paris et de le terminer.

me &my coach

Seules les sorties longues chaque dimanche commençait à me faire douter de ce choix de courir seule.

L’année 2010 sonnait pour moi comme la fin de sorties solitaires et je m’associait à ma copine d’entrainement pour nous fixer des objectifs communs …. Elle avait envie de courir un 20 Km : ce sera l ‘écotrail de Paris en binôme . J’aime cette idée de courir à deux et de partager le même dossard, de commencer et terminer ensemble l’épreuve.

C’est alors que mon ami aux pieds presque nus (David Verriere : http://www.runmygeek.com/) poste un jour sur son mur une demande d’une personne non voyante qui cherche un guide pour commencer la course à pied. Je n’ai jamais fait cela et je suis toujours très admirative de les croiser sur les 20km de Paris.
Quelques jours après, je retrouvais Nadget au parc Montsouris pour nos premiers pas ensemble. Comme il est difficile de décrire ce que l’on voit et de donner de façon synthétique les informations nécessaires pour qu’elle ne se blesse pas !
Nous alternons marche et course et faisons connaissance, le courant passe bien et une amitié naît.
Nous courons ainsi 2 fois puis nous réintégrons le groupe de « courir en duo » pour l’entrainement dominical au Sablon avec les membres de l'association "courir en duo".
Je découvre des personnes fantastiques, drôles, qui s’entrainent dur mais dans la bonne humeur.
Aujourd’hui, les guides chevronnés m’ont expliqué les quelques règles d’or et m’on permis de comprendre beaucoup de choses.
Sébastien, un des guides, m’a mis son bonnet sur les yeux, donné la corde (qui nous relient) dans la main et m’a demandé de courir….
Il tenait Nadget à sa droite par le bras et moi à sa gauche par le lien….
Je n’arrivais pas a courir aussi vite qu’eux ….
Parce que marcher déjà sur un terrain plat et sans embuche n’est pas simple.
Mais courir, lever les pieds quand il le dis pour éviter les branches, monter descendre les trottoirs, passer entre les voitures est un exercice bien plus délicat et demande une confiance incroyable en l’autre….

Alors je me suis d’abords aperçut de la chance extrême que j’avais, de la confiance que Nadget me faisait en m’acceptant comme guide, et de l’importance de certains gestes, notamment de la fermeté que je devait mettre dans son poignée pour lui donner la direction lorsque l’on change de direction, qu’il y a un obstacle ou un trottoir.

J’ai été stupéfaite de voir que les gens ne nous « voyais pas » malgré les chasubles fluo et que j’allais devoir apprendre à m’imposer sur ce terrain là.

Mais surtout, je me suis aperçu que toute limite est faite pour être dépassée et que Nadget m’en fait la démonstration chaque semaine …. Et que ce contact n’a pas de prix. C’est un échange confiant, un contact amical et une solidarité sportive que je trouve exceptionnelle.

Alors il y a encore quelques mois, je me disais que peut-être l’ecotrail serai ma dernière course si je ne retrouvais pas vite le goût de l’entrainement.
Mes entrainements avec ma binôme m’avaient déjà convaincu que je n’arrêterai pas de sitôt …

Mon entrainement ce dimanche m’a redonné des ailes ….
Merci à Nadget et tous les binômes de votre accueil

Et merci à David Greg et tous les membres de la runnosphère et de wanarun de partager votre passion et de me donner envie aujourd’hui de partager mes émotions….